6 siècles d’histoire gravés dans la pierre
La Corse des fleuves et des rivières.

Pont GènoisPont d'Abra ( franchit le Taravo) - Petreto-Bicchisano - Corse-du-Sud.

 Cette Corse des fleuves et des rivières, elle est celle des "fiumi", ces torrents, issus de l'épine dorsale centrale montagneuse de l'île, qui constituent plus de deux mille kilomètres de cours d'eau façonnant la multitude et la diversité des vallées insulaires. Les caractéristiques hydrologiques de la Corse (abondance des eaux, pentes fortes, terrains rocheux, saisons et climats contrastés, ...) font que cette trentaine de "fiumi" est difficile à franchir en tous points du fait de l'impétuosité des flots et de leur imprévisibilité. D'où la construction, en toutes époques, de ces ouvrages ingénieux pour pouvoir les traverser, passer d'un versant ou d'une vallée à l'autre et permettre d'accomplir les relations communautaires, les tâches agro-pastorales et les échanges économiques.

 

pont génoisPont Génois (Balagne). Cours d'eau Tartagine.

D'une belle architecture, d’un tablier étroit, en dos d’âne et souvent d’une seule arche, les ponts génois prouvent que cette période d'occupation par Pise et Gênes, entre le XIII° siècle et le XVIII° siècle, a été fertile en enrichissement du patrimoine corse.
Le passage du temps n’a pas entamé leur résistance, et aucune crue n’a pu les démolir entièrement, contrairement à des ponts plus récents. Certains de ces ponts sont classés Monuments historiques ou inscrits au Patrimoine culturel.
Certains, font aujourd’hui l’objet de balades touristiques instructives car bien d'autres sont inaccessibles a moins d'une longue marche parfois dangereuse.

L'appellation "pont génois" s'applique à la fois à un modèle d'édifice (arche unique, deux culées renforcées, arc-boutées sur les berges, dos d'âne accentué, tablier étroit) et aux constructions de la période du XIIème au XVIIIème siècle. Aucun pont antérieur à cette époque n'existe encore et cette tranche de l'histoire corse a été riche en construction de "symboles" marquants pour l'île : les citadelles, les tours et les ponts dits "génois". En ce qui concerne les ponts, leur édification est d'une grande complexité et dure en moyenne de une à deux années, avec un choix délicat du site d'édification en préalable.

Pont-génois communed'Altiani
Pont'à u large - Altiani.(Rogna in Qua, au Sud de la Castaniccia (Haute-Corse)

 Et pour ce faire, les Génois y ont passé du temps…
La patience était de rigueur pour l’édification de ces ponts qui se révélait complexe, se prolongeant ainsi toute une année, voire deux. La hauteur et la largeur des ponts ne sont donc pas dues au hasard mais bien longuement réfléchies en fonction des crues.
facilement reconnaissables par leur tablier peu large en forme de dos-d’âne, sont considérés comme de véritables œuvres d’art. Pourvus en grande majorité d’une seule arche, ils se veulent à la fois fonctionnels et élégants.
Ils se marient à merveille avec le paysage montagneux de la Corse sauvage et certains d’entre eux sont même classés monuments historiques ou font partie du patrimoine culturel.

L'un des plus anciens ponts de l'île avec son édification datant de la fin de l'époque pisane (XIIIème siècle).
Il enjambe le Rizzanese sur l'ancienne route d'Aullène à Sartène à 500 m du pont de la RN 194 dont on n'est pas certain qu'il soit plus solide.
Malgré la violence des crues et intempéries climatiques au cours des siècles, il n'a subi que des réparations minimes et conserve sa chaussée d'origine et son dallage du XVème siècle.

 

Pont du rizzanese
Pont genois spina cavallu (Rizzanese)

 Le but des ponts génois : favoriser les échanges.

Sans eux, difficile de traverser les nombreux fleuves ou torrents — dits « fiumi » — séparant les reliefs montagneux de la Corse sauvage… A partir du XVe siècle, voulant rompre l’isolement de certaines microrégions corses, les Génois ont multiplié les constructions de ponts. Cette initiative a permis de relancer l’économie du territoire facilitant ainsi les échanges de marchandises.

Dès lors, les ponts génois constituent un passage obligé pour l’importation ou l’exportation de denrées alimentaires comme le vin, l’huile d’olive ou encore les châtaignes, principales productions de la région.
Quant à l’étroitesse des ponts, elle s’explique aussi par ces transferts de nourriture et par les normes imposées à l’époque par les Génois : seuls 2 ânes bâtés pouvaient s’y croiser.

La Corse possède de nombreuses réalisations architecturales italiennes. Et pour cause , comme il est cité plus haut elle fut  sous la domination des gouvernements de Pise puis de Gênes du XIIIe siècle jusqu'au XVIIIe siècle.

 

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François Canniccioni; Artiste peintre.Sartène