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I Torregiani

I Torregiani était le nom de ceux qui gardaient les Tours.
Les torregiani étaient nourris et entretenus aux frais de la population du village dont ils étaient censés assurer la sécurité.
Les torregiani sont souvent représentés soufflant dans le "Culombu ", sorte de conque marine, qui, une fois percée convenablement, servait en y soufflant à prévenir sur d’assez longues distances. Elle était surtout utilisée en cas de danger.

Deux types d’alarmes étaient actionnés en cas d’approche d’un navire suspect.
Soit sous forme de signaux de fumée d’un grand feu, soit par le son du « Culombu ».
Les Torregiani ayant constaté le danger allumaient un grand feu et soufflaient dans la conque pour prévenir les tours voisines et les hameaux du village.
Les tours étant judicieusement implantées et à portée de vue les unes des autres, il ne fallait que quelques heures pour mettre toute l’île en alerte.
Les tours génoises de Corse ont été bâties aux 15 ème et 16 ème siècles sous l’autorité des gouverneurs génois de la Corse et sous la direction de l’Office Saint Georges créé par les Corses.
Le littoral de la Corse était défendu par des tours dont la construction ne remonte pas au-delà du XIVe siècle ceinturaient les mille kilomètres de côte.

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Ces constructions ont eu lieu aux dépens des habitants, qui se sont imposés extraordinairement pour garantir leur littoral des incursions des pirates barbaresques.

Le nombre de ces tours était de 85 au commencement du XVIIIe siècle
- 15 sur la côte nord de l'île.
- 34 sur la côte occidentale.
- 6 sur la côte méridionale.
- 30 sur la côte orientale.

Sur plus de cent tours construites à la fin du XVIIIe siècle, environ 91 restent encore visibles, en plus ou moins bon état de conservation, 67 étant encore debout.
Une bonne vingtaine ceinturent le rivage du Cap Corse.

La plupart datent des XVe et XVIe siècles et même du XVIIIe siècle. Sauf quelques détails insignifiants, toutes me semblent bâties sur le même modèle, ce qui indiquerait que leur érection aurait eu lieu par suite d'une mesure générale.
Elles se composent d'une salle basse, ordinairement voûtée, servant de magasin ; d'un étage au-dessus, destiné à loger la garnison et  enfin d'une terrasse entourée d’un couronnement équipé de mâchicoulis, formant obstacle aux assaillants, comportant parfois des ouvertures permettant d’en défendre l’accès au moyen de projectiles divers ou en y versant de l’huile bouillante.

tour génoise de cacao

 

La terrasse est également équipée d’un foyer pour alimenter un feu permettant de donner l’alerte aux villages du piémont et aux tours voisines.
Le magasin ou salle basse ne communique pas avec l'extérieur.
On entre dans la tour par le premier étage, en montant un escalier oblique, souvent une échelle, et une fois qu'elle était retirée en dedans, une demi-douzaine d'hommes pouvait tenir tout un jour dans cette petite forteresse contre des centaines d'assaillants.
Ces tours de vigies de quelques 10 à 15 mètres de haut et de 8 à 10 mètres de diamètre parfois carrées, mais le plus souvent circulaires, elles sont toujours construites sur quatre niveaux.
Les constructions de formes carrées ou rectangulaires correspondaient à des ouvrages de plus grande importance, appelées à recevoir une garnison plus importante.

 

Canon

 

La forme ronde adoptée pour les tours de guet présente la caractéristique d’être moins exposées aux tirs des boulets de canon, qui ricochent sur la paroi si leur impact n’atteint pas précisément l’axe central de la tour.
La forme ronde s’avère également plus résistante aux impacts des boulets du fait de l’effet de voute.
Les murs d’une épaisseur de plus de 2 mètres au soubassement atteignent 1 à 1,20 mètre au sommet. Il en résulte que les dimensions des salles intérieures s’en trouvent réduites entre 3 à 4 mètres de diamètre.
Leur rôle était de protéger les habitants des terribles incursions des Maures et pirates barbaresques, originaires d’Afrique du Nord, qui incendiaient récoltes et maison, pillaient et emmenaient des villageois en esclaves.
Dans certains villages, ces tours n’avaient pas la même vocation que les tours littorales. Le plus souvent de forme carrée ou rectangulaire, elles sont contiguës à des maisons d’habitation, appartenant généralement à des notables.
Elles servaient à accueillir les populations des hameaux lors des incursions barbaresques
.

 

barbaresques

Il y eu près de 6000 Corses esclaves à Alger en 1560.

Les tours du Cap Corse sont essentiellement construite en schiste, minéral qui compose le sous-sol de cette région, puis elles sont recouvertes d'un enduit à base de chaux.
Celles du sud et de l'ouest de l'île sont en granit.
Les constructeurs de l'époque utilisaient les matériaux qu'ils avaient sur place.

Voici une carte géologique qui aide à mieux comprendre:

 Coupe d'une tour Génoise

Tour coupe